Congrès mondial sur la justice juvénile

Mme Sandra DESSIMOZ

Secrétaire générale Fondation Dignité en détention SUISSE

Je suis au bénéfice d’une expérience dans le domaine de la détention acquise essentiellement sur le terrain dans le cadre de différentes missions pour le CICR de 1998 à 2013. Durant ces 15 ans, en tant que déléguée puis coordinatrice des activités liées à la détention, j’ai été amenée à visiter des personnes privées de liberté en Afrique (Rwanda, Burundi, Ethiopie, Togo), en Europe de l’est (Abkhazie, Kosovo) et en Haïti. J’ai également travaillé au siège de l’Institution à Genève notamment sur les questions de détention dans les pays du Maghreb et du Proche Orient de 2006 à 2007.

En septembre 2013 j’ai rejoint la Fondation DiDé (Dignité en Détention) en tant que Secrétaire générale. Cette Fondation, créée en 1991, oeuvre pour re/donner une dignité aux personnes détenues les plus vulnérables et en particulier les mineurs et les femmes.

Ces deux populations ont des besoins bien spécifiques qui doivent être respectés lorsqu’elles sont privées de liberté. Mais elles sont généralement abandonnées voire oubliées par les autorités détentrices qui n’ayant pas suffisamment de moyens, choisissent d’allouer le peu de ressources disponibles à l’amélioration des conditions des hommes. Elles sont également abandonnées voire oubliées par leur propre famille; ceci dans des contextes où bien souvent la survie en prison passe par les apports externes (en nourriture, produits d’hygiène, vêtements, etc.). Ces populations sont néanmoins les forces vives pour le développement d’un pays (et sans doute encore plus particulièrement dans les pays du Sud). Il est donc essentiel pour un mineur, ou une femme, que la période de détention soit une période d’apprentissage et non pas d’oubli.

Forte de cette conviction, depuis 2004, la Fondation DiDé a soutenu les autorités rwandaises dans une meilleure prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Ce parcours a conduit la Fondation à développer deux projets de construction et depuis 2006 un programme d’accompagnement psychosocial et en santé mentale pour les adolescents condamnés. Ce programme s’est avéré au fil des ans comme essentiel et incontournable dans une perspective de réinsertion et de réintégration. Re/donner un équilibre psychologique à un enfant est la porte d’entrée pour l’acquisition de nouvelles connaissances tant d’un point de vue scolaire que professionnelles. C’est également au travers d’un tel programme que le mineur aborde la vie carcérale différemment. Enfin grâce à l’acquisition ou au renforcement de nouvelles compétences sociales et individuelles, il est certainement moins sujet à une récidive.


Atelier 12

14:30 à 16:30
Autres FR EN

La santé physique et mentale des mineurs dans un contexte de privation de liberté

Lire la suite